Mémoires et thèses déposés
 

Julie Gagné


Maîtrise en études littéraires
Université du Québec à Montréal
Sous la direction de Daniel Chartier et d'Yves Jubinville
juliegagne17@gmail.com

Titre du mémoire : « Imaginaire et usages du froid dans les pratiques scéniques et dramaturgiques du théâtre québécois contemporain. Étude d'Agaguk et de Roche, papier, couteau... »

On peut télécharger l'intégralité du mémoire sur le dépôt numérique Archipel, en suivant ce lien.

Dans ce mémoire, je propose que le froid, au théâtre, se manifeste par ses effets sur le(s) corps, l'espace, la matière et le langage. Après avoir établi les éléments qui incarnent le froid dans la représentation et dans le texte dramatique, je vise à déterminer son usage dans les pratiques scéniques et dramaturgiques en m'intéressant à deux œuvres où il participe à la création de formes inédites, soit l'adaptation d'Agaguk d'Isabelle Hubert, présentée par le Théâtre Sous Zéro (TSZ), et la pièce Roche, papier, couteau... de Marilyn Perreault, créée par le Théâtre I.N.K. Mon premier chapitre définit le froid et ses effets afin de cerner les composantes qui en forment l'imaginaire. Sensation intensifiée par l'humidité, le vent et la noirceur, le froid transparaît par le truchement d'effets corporels d'ordre physique (Lapras, Larrouy, Ambid et Richard) et comportemental (Parsons et Hensel). Il force l'organisme à l'isolement (Suhonen), l'oblige à prendre refuge (Durand) et s'inscrit dans un territoire marqué par la nordicité (Hamelin). Absence de chaleur, il modifie l'état de la matière sans l'altérer (Ruiu). Marque de subjectivité, il témoigne de la sensibilité du locuteur (Kerbrat-Orecchioni). Phénomène complexe, le froid se rêve grâce aux matériaux nordiques (Désy), tandis que le feu, la chaleur, l'évoque par contiguïté (Désy et Michelis-Maslosh). Ambigu, il véhicule l'angoisse de la mort et l'espoir du dégel, la violence et la quiétude, le silence et le trop-plein de mots (Désy et Michelis-Maslosh). Il commande un souffle bref et une langue morcelée (Girard). Mon deuxième chapitre se consacre à l'Agaguk du TSZ, dont la dialectique «chaud-froid» permet au spectateur de contempler l'hiver dans le confort de l'intérieur. Il traite de la théâtralité (Féral) qu'appelle le froid et qui se déploie par le biais du quatrième mur vitré et d'un espace composé de trois lieux distincts (salle de spectacle, castelet et extérieur). L'analyse des mots «froid» et «froidement», présents dans l'adaptation d'Hubert, révèle la fonction du froid dans le texte dramatique: il exprime l'impassibilité, dissimule les pensées ou les réactions, contraint les personnages au refuge, à l'immobilité, à l'isolement, à la proximité et au silence, en plus d'accentuer la tension dramatique. Mon troisième chapitre, qui porte sur l'analyse génétique et dramaturgique de Roche, papier, couteau..., retrace la manière dont Perreault représente le froid. Le Nord inuit, découvert par l'auteure lors de séjours au Nunavik, influe sur l'inventivité du langage, le rapport des personnages à la parole et au silence, le suspense et l'univers froid. La genèse du texte montre la construction de l'espace et mène à une réflexion sur la spatialité du froid (l'intérieur, l'extérieur et le cadre). Le froid énoncé, quant à lui, rappelle l'état de survie des personnages, figure leur mal-être, les pousse à se réchauffer de différentes façons, leur insuffle une poésie et laisse poindre l'espoir.

Passionnée de théâtre et mordue de l'hiver, Julie Gagné est détentrice d'une maîtrise en études littéraires. Son mémoire traite de l'imaginaire, des pratiques et de l'usage du froid dans le théâtre québécois contemporain. Son vif intérêt pour la nordicité la pousse à voyager en Scandinavie. Durant ses temps libres, elle ne peut s'empêcher de créer des univers de papier. Spectatrice du monde qui l'entoure, elle se plaît à disséquer le réel pour en extraire des mots et des images qui deviennent prétextes à la création. Du texte dramatique à l'article scientifique, en passant par la nouvelle, elle aime explorer différents genres littéraires. Elle a complété le programme court de deuxième cycle en pédagogie de l'enseignement supérieur, offert à l'UQAM.

 


Articles scientifiques

« Se laisser porter par l'inspiration nordique, se résoudre à un exil créatif. La représentation de Fermont dans Temps », Littoral, no 9, automne 2014, p. 42-45.

« Vue sur une Côte surrélle et surnaturelle dans Kushapatshikan de Gilbert Dupuis. Un rituel innu au théâtre », Littoral, no 8, automne 2013, p. 66-70.

« Imaginer le froid », Littoral, no 8, automne 2013, p. 71.

« Entendre le Nord et le froid dans le texte dramatique. Étude du “paysage audible” dans Floes de Sébastien Harrisson et Roche, papier, couteau... de Marilyn Perreault », Cahiers de la Société québécoise de recherche en musique, vol. 14, no 1, 2013, p. 35-41.

[Fragments signés JG], dans Émilie Allaire, Philippe Archambault, Kevin Cordeau, Anne Brigitte Renaud et André Roy (dir.), Carnet des Quatre saisons, La Traversée – Atelier québécois de géopoétique, coll. « Carnets de navigation », no 11, Montréal, 2013.

[Fragments signés JG], dans La Traversée – Atelier québécois de géopoétique en coll. avec Sébastien Cliche, Gares, bleuOrange, revue de littérature hypermédiatique, no6, équinoxe automnal 2012, en ligne,
http://revuebleuorange.org/oeuvre/gares.

« Tryptique ferroviaire », dans Julien Bourbeau et Romy Snauwaert (dir.), En train. Projections itinérantes », La Traversée – Atelier québécois de géopoétique, coll. « Carnets de navigation », no 10, Montréal, 2012, p. 60-61.

« Le monstre musique », Main Blanche, vol. 14, no 2, janvier-février 2009, p. 8-9.

« Arstriste », Main Blanche, Dossier « La revanche des p’tits gros », mars-avril 2008, p.18-19.


Textes dramatiques

« Speak Femme », Au fil des champs, mise en scène de Maya Gobeil, création des Productions drôle de Monde, Espace La Risée, Montréal, 6-8 mars 2014.

« Femme labyrinthe. Autoportrait tragique », Les Mots du Corps ou chips et boucles d'oreilles, mise en lecture de Marianne Moisan, Espace La Risée, Montréal, 28 février 2014.

« Isberg » Six visions de l'apocalypse (concert de Flûtes Alors! présenté lors du Festival Montrél Baroque), Salle Ville-Marie, Marché Bonsecours, Montréal, 24 juin 2012.

« Rouge coquerelle : Veille puissance féminine ou celle dont j’ai peur », Elles dansent sur les mots, mise en scène de Maya Gobeil, création des Productions drôle de Monde, Espace La Risée, Montréal, 10-14 mars 2009.

L comme dans pluie, texte et mise en scène, Espace La Risée, Montréal, 2-8 mars 2008.


Communications

« Les marques du froid dans le théâtre québécois. Des passerelles vers l'imaginaire  », Colloque international pluridisciplinaire « Le froid. Adaptation, production, représentations, effets / Cold. Adaptation, production, representations, effects » Université de Versailles—Saint-Quentin-en-Yvelines (France), 12, 13 et 14 décembre 2013.

« Imaginaire et usages du froid dans les pratiques scéniques et dramaturgiques du théâtre québécois contemporain  », Rencontre annuelle de la Société québécoise d'études théâtrales, Université Laval, 17 et 18 mai 2013.

« Un “jardin ivre” au-delà de la fenêtre. L'imaginaire du froid dans Roche, papier, couteau... de Marilyn Perreault », Rendez-vous de le recherche émergente du CRILCQ organisés par Élyse Guay, Marwa Laquerre-Tantawy et Rachel Nadon, Université du Québec à Montréal, 22 mars 2013.

« Entendre le Nord et le froid dans le texte dramatique. Analyse de l'espace sonore dans Floes de Sébastien Harrisson et Roche, papier, couteau de Marilyn Perreault », colloque international et pluridisciplinaire « Musiques et imaginaire du Nord et du froid / Music and the Imaginary of the North and the Cold » organisé par Claudine Caron (UQAM), Caroline Traume (UdeM) et Daniel Chartier (UQAM), Université du Québéc à Montréal, les 18, 19 et 20 janvier 2012.


Entrevue

[Entretien sur le thème de la neige], Une fois c't'une rue, CIBL (101,5 FM), 31 octobre 2014.


Pièces musicales

« Samare » [pièce pour choeur mixte a cappella créée en collaboration avec David Désilets], Salut! Printemps (Choeur du Plateau), Église Saint-Pierre-Claver, Montréal, 31 mai 2014.

« À flot » [pièce pour voix et orchestre créée en collaboration avec David Désilets], Les 150 ans de Richard Strauss (Concert de l'OPMEM), Salle Pierre-Mercure, Montréal, 22 novembre 2013.


Textes de création

[Fragments signés JG], Carnet des quatre saisons, mont Saint-Hilaire, avril 2011 à février 2012, Émilie Allaire et coll. (dir.), La Traversée - atelier québécois de géopoétique, coll. « Carnets de navigation », no 11, Montréal, 2013, p. 18. et 50-51.

[Fragments signés JG], Gares, La Traversée - atelier québécois de géopoétique en coll. avec Sébastien Cliche, Revue de littérature hypermédiatique bleuOrange, no 6, équinoxe automnal 2012, en ligne, http://aplacewhereyoufeel safe.com/gares/

« Triptyque ferroviaire », En train - projections itinérantes, Julien Bourbeau et Romy Snauwaert (dir.), La Traversée - atelier québécois de géopoétique, coll. « Carnets de navigation », no 10, Montréal, 2012, p. 60-61.

« Le monstre musique », Main Blanche, vol. 14, no 2, janvier-février 2009, p. 8-9.

« Arstriste », Main Blanche, Dossier « La revanche des p'tits gros », mars-avril 2008, p. 18-19.