Myriam St-Gelais

Myriam St-Gelais

Étudiant(e)s des cycles supérieurs
Programme d'étude
Maîtrise en études littéraires
Université
Université du Québec à Montréal
Courriel
mairymst_@hotmail.com
Titre du mémoire et/ou de la thèse

«L'émergence de la littérature innue: conditions de production et d'institutionnalisation»

Sous la direction de
Publications

« La genèse et le parcours de Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshimanitu innu-iskueu d'An Antane Kapesh », Littoral, no 13, automne 2018, p. 142-145.

« Une lecture de Bleuets et abricots de Natasha Kanapé Fontaine », Littoral, no 12, automne 2017, p. 86-88.

« Le territoire dans les veines de Jean-François Létourneau. Les voix occultées de l'Amérique », Littoral, no 11, automne 2016, p. 66-68.

Communications

« The emergence of Innu literature: Conditions of production and institutionalization », Workshop on Literatures from the North and the Arctic / Journée d’étude sur les littératures du Nord et de l’Arctique organisée par la Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, Université du Québec à Montréal, septembre 2018, Montréal, Québec.

« La voix d’une femme innue. Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshimanitu innu-iskueu d’An Antane Kapesh », Resurfacing : Women Writing Across Canada in the 1970s. Refaire surface : écrivaines canadiennes des années 1970, colloque organisé par l'Université de Mount Allison, avril 2018, Sackville, Nouveau-Brunswick.

« Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshimanitu innu-iskueu d’An Antane Kapesh : conditions de production, de diffusion et de réception d’un texte pionnier encore méconnu », colloque étudiant organisé dans le cadre du séminaire Les littératures amérindiennes et inuites donné par Daniel Chartier, Université du Québec à Montréal, avril 2017, Montréal, Québec.

« L’émergence de la littérature innue : conditions de production et d’institutionnalisation », Table ronde internationale de la recherche et de la création sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique, Université du Québec à Montréal, février 2017, Montréal, Québec.

Participant(e) à titre de chercheur(e) aux projets

Résumé

Les Innus comme l'ensemble des Premières Nations, des Métis et des Inuits possèdent des traditions littéraires millénaires qui associent l'oralité et l'écriture sous différentes formes, ces traditions s'étant développées et coexistant depuis de nombreux siècles. Toutefois, c'est à partir des années 1970, qu'une grande quantité de textes innus et des autres Premières Nations du Québec sont produits, imprimés et publiés; cette fois-ci ces textes s'adressent à un public élargi, ils sont publiés par des maisons d'éditions régionales et nationales et ils sont écrits en plusieurs langues. Si les premiers textes littéraires publiés apparaissent il y a une quarantaine d'années, ce n'est que depuis une dizaine d'années que nous assistons à une effervescence du milieu littéraire autochtone au Québec. Parmi les différentes littératures autochtones d'expression française au Québec, c'est la littérature innue qui m'intéresse, puisqu'elle commence à occuper une place notable sur la scène littéraire québécoise et internationale et qu'elle se compose d'une quantité substantielle de textes qui forme un corpus diversifié. L'étude des textes innus pose de nombreux défis aux études littéraires, puisqu'ils impliquent des sphères culturelles, sociales et politiques qui diffèrent de celles des productions littéraires québécoises et occidentales. Ces divergences créent des contextes particuliers de production et de développement de la littérature innue qui, tout en participant au vaste champ littéraire occidental et plus particulièrement au champ littéraire québécois avec lequel elle partage un territoire ainsi qu'une langue, utilise des voies issues de la culture innue. Pour ma recherche, à défaut d'étudier l'ensemble des œuvres littéraires innues, je m'intéresserai d'abord à l'essai autobiographique intitulé Je suis une maudite sauvagesse (1976) d'An Antane Kapesh écrit en innu-aimun et traduit par l'anthropologue José Mailhot. Cet ouvrage m'intéresse d'abord puisqu'il est le premier texte littéraire innu à être publié, ensuite parce qu'il engage une réécriture de l'histoire coloniale selon une perspective innue. Ensuite, j'examinerai le recueil de poésie Bâtons à message / Tshissinuashitakana (2009) de Joséphine Bacon écrit en français et en innu-aimun dont les traductions sont faites par l'auteure même. Bien qu'elle ne soit pas la première à publier des textes littéraires, Bacon, qui est sans doute l'une des figures les plus importantes de la scène littéraire autochtone au Québec, est considérée comme l'une des pionnières de la littérature innue. Son premier recueil m'intéresse puisqu'il soulève maintes questions quant au rôle de la littérature écrite innue dans la transmission des savoirs et de la culture traditionnelle à l'époque contemporaine. Finalement, j'étudierai le roman Kuessipan (2011) de Naomi Fontaine dont le style d'écriture et les propos en font un texte tout-à-fait nouveau dans l'univers littéraire autochtone. J'ai d'abord choisi ces textes puisqu'ils sont de genre distinct et qu'ils sont écrits par des auteures issues de différentes générations. Ensuite, puisque chacun des textes impliquent un rapport différent à la langue d'expression utilisée. Et finalement, puisqu'ils engagent tous des parcours de diffusion et de réception particuliers. À partir du corpus sélectionné, je pose donc l'hypothèse que les textes littéraires innus constituent une littérature en phase d'institutionnalisation et s'inscrivent dans un processus de légitimation et d'autonomisation tant en ce qui a trait aux conditions de production, de diffusion et de réception auxquelles participent tout autant les auteurs innus qu'un certain nombre d'instances institutionnelles.