Projet

Patrice Viau

Étudiant(e)s des cycles supérieurs
Programme d'étude
Maîtrise en études littéraires
Université
Université du Québec à Montréal
Titre du mémoire et/ou de la thèse

«“Marcher des deux côtés d’une frontière invisible” : stratégies littéraires et artistiques de réappropriation culturelle dans l’œuvre d’Alootook Ipellie»

Sous la direction de

Résumé

Né en 1951 au camp de chasse de Nuvuqquq, près de Frobisher Bay (aujourd’hui, Iqaluit), l’écrivain et artiste Alootook Ipellie voit son adolescence marquée par des allers-retours entre l’Île de Baffin et Ottawa, où il s’établit définitivement en 1973. À partir de cette époque, il publie articles, poèmes, essais, récits et illustrations dans diverses revues comme Inuit Monthly, Inuit Today, North et Inuit Art Quarterly. Ses oeuvres s’inspirent largement de l’esthétique des légendes, des chansons partagées ou encore des contes issues de la tradition orale inuite. Malgré son exil ottavien, cela lui permet de maintenir ses liens identitaires avec sa communauté d’origine. Rapidement, il intègre dans ses écrits des éléments de sa culture d’accueil occidentale, d’un côté pour montrer les effets de la colonisation sur la vie des Inuits, de l’autre, pour amorcer un dialogue avec certaines figures représentatives de la culture occidentale. Son œuvre majeure, le recueil de récits picaresques Arctic Dreams and Nightmares (1993), raconte les pérégrinations d’un chamane dans l’Arctique et ses rencontres avec des personnages tirés à la fois des cultures inuite et occidentale.

Mon analyse de l’œuvre complète d’Alootook Ipellie s’inscrit à la suite des recherches de Robin McGrath (1983) et Nelly Duvicq (2015) sur l’histoire littéraire inuite, de Louis-Jacques Dorais (1990, 2010) et Marike Neuhaus (2011, 2015) sur la littérature orale et les phénomènes linguistiques inuits, ainsi que de Keavy Martin (2012) sur les approches théoriques possibles de la littérature inuite. Je démontrerai comment l’occidentalisation de l’Arctique et la tradition orale inuite forment deux matrices nourrissant l’esthétique, les formes narratives et le propos de l’œuvre d’Ipellie.