Joaquim Gaignard
Présentation des objectifs du séjour
Je vais passer trois mois au sein du Laboratoire international de recherche sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique, entre février et avril 2026. Au cours de ce séjour, je présenterai mes travaux doctoraux portant sur la politique arctique du gouvernement écossais. Ma venue au Laboratoire à Montréal a pour objectif de renforcer mes connaissances et me familiariser avec la pointe des recherches sur la nordicité, l’idée et les imaginaires du Nord et de l’Arctique, menées dans la prolifique tradition académique du Québec. Au cours de divers événements (table-ronde, conférence et banc d’essai doctoral), je prévois d’échanger plus particulièrement sur les particularités et reconfigurations des imaginaires du Nord qui animent et sous-tendent la politique arctique de l’Écosse. En effet, au cœur des efforts des élites écossaises, se joue une ré-imagination de la nation, en des termes nordiques, subarctiques et arctiques. Durant mon séjour, j’aimerais également faire le plus de rencontres possibles avec des chercheurs, établis et émergents, travaillant sur des sujets communs ou similaires, tels que l’utilisations à des fins politiques et officielles d’images et imaginaires du Nord et de l’Arctique. Mais j’espère tout autant échanger avec des chercheurs travaillant sur l’Arctique en général, pour élargir mes horizons le plus loin possible.
Description de la thèse
Mon projet de recherche s’intéresse aux imaginaires géographiques et géopolitiques de la construction nationale écossaise opérés par et à travers les efforts politiques contemporains des élites écossaises pour construire et renforcer des liens avec l’Arctique. Pour y arriver, ma thèse examine trois imaginaires géographiques en particulier, qui sont utilisés par les élites écossaises pour re/construire l’Écosse en tant que voisine la plus proche de l’Arctique : le Nord, l’océan et les îles. Ces trois géographies, à leur tour, me permettent de me focaliser sur trois éléments interconnectés de la construction nationale, à savoir, la nationalité, le territoire et la souveraineté.
À ce jour, ma collecte de données, par le biais de recherches documentaires et d’entretiens, est presque totalement accomplie, avec 18 entretiens, et environ 100 documents sélectionnés pour procéder à leur analyse.
Ma thèse se donne pour objectif de contribuer à la recherche en proposant un rapprochement entre les études du nationalisme et les approches critiques de la géographie politique que sont les études circumpolaires critiques, les géographies océaniques critiques, et les recherches sur les îles. En effet, en procédant à l’étude de la construction nationale de l’Écosse dans et par le discours arctique, je propose d’évaluer l’effet de l’usage des géographies boréales sur la nationalité, des géographies océaniques sur la territorialité, et des géographies des îles sur la souveraineté.
Parcours universitaire
Avant de débuter ma thèse à l'Université de Durham, au Royaume-Uni, en octobre 2023, j’ai d’abord occupé différents postes et accomplis mes études principalement à Paris, mais aussi en Suède et en Irlande. De 2016 à 2019, j’ai suivi et complété une licence d’histoire à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Lors de ma troisième année de licence, j’ai eu la chance de partir pour un semestre, à Stockholm, en Suède. Ces 6 mois ont été particulièrement importants, en ce qu’ils ont renforcé ma passion pour la Scandinavie et les espaces arctiques, et l’a transformé en un solide intérêt académique. Après ma licence, j’ai intégré Sciences Po Paris, dans l’École de la Recherche, pour y étudier un Master en Sciences Politiques, mention Relations Internationales, entre 2019 et 2021. Marquées par la pandémie de Covid-19, ces années de Master aiguisèrent mon appétence pour la recherche universitaire, me détournant de mon ambition de rejoindre le corps diplomatique français. Mon mémoire, qui clôtura ces deux années, s'est concentré sur la politique arctique de la Chine, et proposa une approche conceptuelle originale, formulant l’hypothèse que celle-ci est également motivé par une quête de prestige internationale. Au sortir de mon Master, j’ai tenté une première fois sans succès d’obtenir une bourse de recherche pour commencer mon doctorat, portant sur l’intérêt et les efforts de l’Écosse pour se rapprocher de l’Arctique. Tout en tentant à nouveau la candidature pour une bourse de recherche doctorale au Royaume-Uni, j’ai dans le même temps travaillé en Irlande, pour l’éditeur scientifique Frontiers, auprès de sa revue Frontiers in Political Science, entre 2022 et 2023. Depuis octobre 2023, je suis basé à Durham, dans le Nord-Est de l’Angleterre, et à seulement 1h30 de train d’Édimbourg, la capitale de l’Écosse.