Visuel

SILENCE ET VIOLENCE DANS LE NORD

Colloque international organisé conjointement par l’Université du Québec et à l’Université des Îles Féroé

à Tórshavn (Îles Féroé) les 30 novembre et 1er décembre 2022


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Innbjóðingin á føroyskum er her


Appel à communication — 5 octobre 2022

Le silence compte parmi les caractéristiques premières de l’imaginaire du Nord : il s’insère dans un réseau de signes autour de l’immensité, du froid, de la neige, des tempêtes, de la blancheur, de l’horizontalité, de l’éternité et de l’absence de repères, bref autour d’un lieu défini par la culture occidentale comme celui d’une absence humaine.

Le silence peut toutefois devenir une imposition qui conduit à la violence. La règle du silence, du mutisme, de la réserve issus de la neige et du froid serait caractéristique des peuples du Nord — encore plus dans les villages isolés où peut s’imposer une « loi du silence ». « Le plus souvent, nous ne parlons pas », écrit le romancier québécois Pierre Gobeil. Nous pensons en arts visuels à l’image saisissante du tableaux scènes sans présence humaine ou à l’œuvre d’Edvard Munch, Skrik [Le cri] dans lequel un homme semble émettre un permanent cri silencieux. À s’imposant aux humains, ce silence du Nord peut aussi finir par contraindre ceux-ci à un mutisme qui nie leur propre existence. Un missionnaire arctique rappelle les mots du philosophe Pascal : « Le silence éternel de ces espaces m’effraie. » On parle dans les cultures nordiques d’une culture du silence ou de la taciturnité.

Dans ce colloque, nous aimerions explorer, dans les représentations culturelles et littéraires, dans les textes historiques et les récits de voyage, les liens entre « silence et violence » dans le contexte du Nord et de l’Arctique. Nous pensons notamment, mais non exclusivement :

• Au silence du Nord comme valeur d’imposition morale

• À l’absence ou à la rareté de paroles, qui peut conduire à la violence

• À la « loi du silence » dans les petites communautés qui peut cacher la violence faite aux plus vulnérables

• À la « mise sous silence » historique de certaines cultures, à la fois autochtones et allochtones, d’un point de vue colonial

• Au choix du silence individuel, face à la pression de la normalisation sociale nordique.

Conformément à la programmation scientifique du Laboratoire international de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, nous concevons le « Nord » dans son sens large et circumpolaire, qui inclut toutes les cultures froides autour du pôle, y compris les cultures autochtones.

Cet appel à communication s’adresse aux professeurs, chercheurs et étudiants des cycles supérieurs en sciences humaines et en arts, ainsi qu’aux artistes et écrivains. Les présentations, d’une durée de 20 minutes, devront être faites en anglais. Les propositions seront reçues jusqu’au 5 octobre 2022, par courriel, à l’adresse imaginairedunord@uqam.ca. Elles devront être composées du titre de la conférence, d’un descriptif de 10 à 20 lignes, du nom du conférencier ou de la conférencière, de son affiliation institutionnelle et de son statut, ainsi que de son adresse postale et de son courriel. Une réponse sera rendue avant le 15 octobre 2022. Les frais de déplacement et de séjour devront être pris en charge par les participants.

On peut réserver une chambre à booking@hotelbrandan.fo avec ce numéro de réservation: 390633.


Cet événement est le 17e colloque international organisé par le Laboratoire international de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique de l’Université du Québec à Montréal.

À l’issue du colloque, les participants seront invités à soumettre un article pour une publication prévue.

Le colloque est organisé par Malan Marnersdóttir (Université des Îles Féroé) et Daniel Chartier (Université du Québec à Montréal).

Nous remercions le Conseil nordique des ministres, le Ministère québécois des Relations internationales et de la Francophonie, le Belmont Forum et le projet « NICH-Arctic », l’Université du Québec à Montréal, d’Énergir et le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises pour leur soutien à l’organisation de ce colloque.